Chapitre 9 : Dire « oui » à la vie avec Shonda Rhimes

Il faut que je vous raconte une histoire (Je vous l’ai dit la semaine dernière, j’adore les histoires.)

Je vais nommer cette histoire : « Voilà ce qui se passe quand on ne lève pas la tête du guidon »

C’est l’histoire d’une petite métamorphose. Cette petite métamorphose prend place doucement dans le royaume que je nommerai California !

Il était une fois Shonda Rhimes….créatrice et productrice de sériés télévisées.

« Tu ne dis jamais oui à rien »

C’était le matin de Thanksgiving.

C’est ce que Dolores a murmuré à sa sœur Shonda Rhimes, le jeudi 23 novembre 2013.

Ce matin de Thanksgiving, Shonda avait 43 ans et son succès était déjà établi. Grey’s anatomy existait depuis 10 ans et Scandal depuis un an. Elle venait de terminer Private practice et allait commencer à produire la série How to Get Away with Murder. Elle avait une soirée de télévision entière avec ses séries alignées, du jamais vu aux Etats-Unis. Bill Clinton avait dit qu’il aimait son travail. C’était l’une des femmes les plus puissantes dans le monde du divertissement. Seulement, ce n’était que la moitié du tableau et sa sœur lui faisait remarquer qu’elle ne disait jamais « oui » à aucune invitation.

En fait, elle ne faisait rien d’autre que travailler et s’occuper de ses filles.

Pour Shonda Rhimes, les quelques mots de sa sœur ont déclenché une introspection et une prise de conscience. Dans son livre autobiographique, Comment dire oui a changé m’a vie , l’auteure parle de l’explosion d’une grenade dans sa tête. C’était le 13 janvier 2014, c’était son anniversaire – 44 ans – et le diagnostic était sévère. Elle l’avait réalisé subitement. C’était l’explosion de la grenade. Elle se sentait misérable et aussi honteuse de le reconnaître comme si le succès dans son travail ne l’autorisait pas à être malheureuse, par ailleurs. En fait, elle avait toujours été un loup solitaire, une introvertie, joyeuse et vibrante. Mais maintenant, elle ne se reconnaissait plus. Ou était-elle passée ? Elle avait perdu sa joie sans vraiment savoir comment. Elle était fatiguée, elle avait peur. Alors, ce 13 janvier était différent. Elle se donnait un challenge et le partageait à ses proches. Elle allait passer une année entière à dire « oui » à tout ce qui lui faisait peur. Elle se donnait ce défi sans enthousiasme mais avec détermination. La détermination de la grande compétitrice qu’elle était.

Le constat était limpide : dire « non »—-constamment— à tout—-tout le temps— l’avait menée où elle était et elle se sentait misérable. Donc dire « oui » pouvait être la porte vers un ailleurs, quelque chose de différent. C’était une bouteille jetée à la mer. Advienne que pourra !

L’année du « oui » était lancée.

Comme la vie fonctionne de manière mystérieuse, une semaine plus tard, elle était mise au défi. Son ancienne école lui demandait de donner le discours de remise de diplômes, le 8 juin 2014. Cela voulait dire parler pendant 20 minutes devant environ 10 000 personnes. Elle a dit « oui » et ça a été dur parce qu’elle était tétanisée à l’idée de parler en public…

Et puis tout s’est enchaîné, plus précisément tous les « oui » se sont enchaînés !

  1. « oui » au fait de se sentir mieux dans son corps

Elle négligeait son corps et le considérait comme le véhicule de son cerveau. Seulement, elle ne se sentait pas bien, pas bien dans son poids. Avec le temps, plus elle s’était refermée sur elle-même, plus son poids avait déraillé. Mais cette année, quelque chose s’était passé. Elle s’était reconnectée à son corps. Ce n’était plus juste le contenant de son cerveau. Le 8 mars 2014, elle a dit « oui » à la perte de poids et en mars 2015, elle avait déjà perdu 45 kg.

  1. « oui » au fait de se retirer de la guerre des mères

Cette bataille entre les mères qui travaillent et celles qui choisissent de se consacrer exclusivement à l’éducation de leurs enfants. Dans son livre, elle a consacré un chapitre à ce sujet et à sa nounou qui l’aide énormément et qui rend son équilibre de vie possible. Elle a décidé de se détacher de la pression du regard des autres et de la culpabilité qu’elle ressent à l’idée de ne pas en faire autant que les autres mères. Il faut un village pour élever un enfant, j’en suis convaincue.

  1. « oui » au fait de jouer avec ses enfants

Plus elle disait « oui », plus elle passait de temps en dehors de chez elle. Mais elle commençait à se sentir dépassée par l’évolution de ses enfants. Alors, elle a décidé de dire « oui », dès qu’un de ces 3 enfants voulaient jouer. Finalement, elle s’est rendu compte que cela ne prenait pas beaucoup de temps et que c’était pourtant si significatif.

  1. « oui » aux compliments

Elle a noté qu’elle avait beaucoup de mal à recevoir des compliments. D’ailleurs, elle connaissait beaucoup de femmes avec cette tendance à dire : « non ce n’est pas moi, c’est mon équipe. » « J’ai un de la chance…. » etc. Donc, elle a appris à reconnaître ses accomplissements, sans être gênée, embarrassée et à répondre aux compliments par un simple « Merci ».

  1. « oui » au fait de dire « non »

Pendant longtemps, elle avait peur de froisser, de créer des conflits et de se mettre des personnes à dos. Elle a reconnu que sa forte prise de poids était aussi en lien avec cette incapacité à exprimer ses limites. (Elle mangeait pour étouffer ses frustrations). Cependant, dans cette année, elle a réalisé le pouvoir du « non », et elle a adoré ça. C’était devenu un super pouvoir. Une manière de créer des limites saines avec les autres, une manière de se respecter.

  1. « oui » au fait de ne plus vouloir se marier

En 2014, elle allait se marier. Elle allait se marier à un homme super. Seulement, au fond, elle ne voulait pas se marier, jamais. Donc elle a dit « oui » au fait de dire « non » et a tout annulé.

La beauté dans tout ça, c’est qu’elle s’est dit « oui » à elle-même. Ne vous y trompez pas, les quelques chapitres de son livre ne font pas justice au travail que ça lui a demandé et au temps que ça lui a pris, pour opérer tous ces changements.

Son bilan pour son année du « oui »

  • « 53 kilos en moins
  • Moins de relations toxiques
  • Elle est une meilleure mère
  • Elle est une meilleure amie
  • Elle est une meilleure boss
  • Elle est une leader plus forte
  • Elle est une auteure plus créative
  • Elle est une personne plus honnête avec elle-même et avec les autres
  • Elle est plus aventureuse
  • Elle est plus ouverte
  • Elle est plus courageuse
  • Elle est plus gentille avec les autres et avec elle-même (la cruauté avec laquelle elle se traité n’est plus tolérée) »

Dans cette histoire, Shonda n’a pas changé radicalement de carrière, de pays. Elle ne s’est pas débarrassée de ses enfants pour vivre une vie de bohème. Non rien de tout ça. Ecoutez, souvent les grandes et belles histoires ont besoin d’un changement dramatique. D’un passage d’un monde à un autre, de quelque chose d’exceptionnel. Pour Shonda, de l’extérieur son point A et son point B sont très semblable. Elle vit toujours en Californie, enfin dans le royaume de California. Elle est toujours productrice, scénariste et mère de 3 enfants.

Toutefois le changement qu’elle a ressenti intérieurement, lui est remarquable. Si vous sentez que vous devez tout bazarder. Allez-y, bazardez tout. (Bon, soyons quand même mature dans la démarche. On fait ses petits comptes, on s’organise tout ça, tout ça.)

Mais si ce n’est pas le cas. Pas de problème. Si vous voulez votre vie mais en mieux, c’est très bien aussi. Levez la tête du guidon. Faites tous les ajustements mineurs que vous pouvez, un massage par mois (ok ici, je fais carrément un transfert. C’est ce que JE voudrais), du running, une soirée « self care » par mois, peu importe. Et s’il vous plaît, ne vous jugez pas dans le processus. « Est-ce que c’est plutôt ça, ou ça, qui aura le plus gros impact sur moi ? » Ce n’est pas la question. Suivez vos envies ! Autorisez-vous à tester ! Gardez ce qui fonctionne et retirez ce qui ne fonctionne pas. Vous avez vu les résultats avec Shonda. Tout cela a commencé avec une frustration, un besoin de vivre autre chose. Shonda ne s’attendait pas à des résultats précis mais elle avait besoin d’essayer autre chose.

Vous ne l’avez peut-être pas vu venir mais on va se faire un petit rappel, ici.

Vous n’avez qu’une seule vie !

Vous n’avez qu’une seule vie, alors procrastiner sur sa vie peut être une habitude dangereuse (il faut lire « dangereuse » au ralenti). Nan, plus sérieusement, je suis très à l’aise avec la contradiction. Je peux vous dire sous sourciller que la vie est une affaire très importante qui mérite d’être traitée en tant que telle et aussi, je pense qu’un des secrets pour la savourer est de l’aborder avec légèreté.

Voilà, voilà, bonjour, Oh contradiction !!

Il y a une date d’expiration, les ami.e.s. On le voit tous les jours. Vous avez peut-être déjà perdu des proches et vous avez vécu ce sursaut de lucidité : « il faut vraiment profiter » puis vous avez tout doucement reglissé dans votre quotidien. Hé bien, c’est ici que la partie très importante de la vie intervient. Votre vie est importante et il faut se forcer à vivre les yeux ouverts, sans forcément que des drames nous rappellent à l’ordre.

La vie est aussi légère parce qu’il n’est pas question de faire les bons choix, de prendre la bonne route, d’être raisonnable, d’être parfait.e, d’avoir des relations parfaites. Il est plus question de se laisser le droit d’expérimenter et de se faire confiance dans tout ce processus qu’est la vie.

Alors, je vous le demande, quel ajustement pouvez-vous faire à partir d’aujourd’hui ? Un seul.

Et je vous laisse avec les derniers mots du livre de Shonda Rhimes.

yes.

yes.

yes.

A jeudi, prochain. Sidonie


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