Samah, Data scientist

Samah - Data Scientist

J’ai rencontré Samah lors d’un événement organisé par le Comité pour la Diversité dans la Société. Samah devait témoigner de la place prise par la discrimination dans son parcours. Je suis assise à ses côtés et en attendant le début de la rencontre nous faisons connaissance. Samah m’explique qu’elle travaille dans l’intelligence artificielle (IA).

Nous commençons une grande discussion sur le sujet (machine learning, deep learning etc.). Je lui donne quelques exemples des applications que je connais de ce domaine « les recommandations sur YouTube fonctionnent bien comme ça ? « Oui, c’est bien ça ». Nous poursuivons. C’est passionnant ! Elle m’explique combien il est crucial qu’il y ait plus de femmes, de diversité dans ce domaine parce que c’est le monde de demain qui se crée. Je ne peux qu’approuver ce message. C’est certain, si nous n’y sommes pas ce monde se créera sans nous. Après, 10 min de conversation (même 5 en fait), je sais qu’il faut que je fasse son portrait. Alors, je lui explique que j’ai un blog, sur l’inspiration et la passion…où je fais des portraits…bla, bla, bla et lui demande si elle aurait envie de se prêter au jeu et heureusement pour moi/nous, elle a dit oui !

Une des choses que j’aime le plus dans les portraits est l’immersion dans un domaine totalement différent du mien et avec Samah, je suis bien lotie.

Samah est Data Scientist. Elle fait partie d’un programme d’Entrepreneur.e d’Intérêt Général (EIG). En quelques mots, cette initiative a pour vocation d’aider à la numérisation de l’Administration Française et cela pour différents Ministères comme celui de l’Intérieur, des Finances, de l’Enseignement Supérieur etc. Une poignée de talents du numérique est sélectionné pour mener à bien ces défis. Pour sa part, Samah est en mission pour le Ministère des Solidarités et de la Santé, Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques. Elle travaille à l’amélioration du Système National des Données de Santé (SDNS).  En effet, à chaque fois que nous sommes admis.e.s dans un hôpital, des données sont recueillies sur nos symptômes, nos antécédents etc…et l’objectif est de pouvoir mieux exploiter ces données afin de faire des projections sur la santé des patients ou encore de mieux effectuer des diagnostics. Mais pour cela, il faut ordonner les informations, comme le dit Samah l’intelligence artificielle permet de reprendre le modèle de fonctionnement neuronal du cerveau en l’appliquant à une machine. Une belle aventure et un sprint de 10 mois pour faire avancer le système. Samah aime beaucoup ce qu’elle fait parce qu’elle peut exercer sa créativité. Dans l’IA, il n’y a pas vraiment de modèle à répéter, il faut créer, adapter, faire évoluer. Un code créé pour un problème donné peut être réutilisé avec quelques modifications pour en résoudre un autre. Elle voit dans ce domaine la possibilité de créer un monde meilleur.

Le tournant. C’est ironique que Samah travaille dans le secteur de la santé parce qu’après l’obtention de son bac Scientifique option SVT, elle s’engage dans une formation en médecine. Elle se voit devenir médecin plutôt pédiatre même, parce qu’elle a un bon contact avec les enfants. Mais en réalité, ce choix d’orientation est le résultat d’éléments extérieurs (avis du corps enseignant, de sa famille etc.) et Samah décide de faire autre chose. A partir de là, la jeune femme décide de faire quelque chose qui lui plaît ! Il se trouve que depuis son plus jeune âge, elle a toujours aimé l’informatique. Elle s’inscrit donc dans une licence en Biologie, Informatique et Mathématiques à Marseille. Pendant la première année, c’est l’initiation à la programmation pour l’étudiante et voilà son ressenti : « j’avais l’impression de découvrir une nouvelle manière de penser le monde parce que quand on fait de la programmation on commence à comprendre comment fonctionnent les machines ». Samah s’épanouit vraiment dans ce cursus et finit major de promotion pendant ses 2 années d’université. (Pas de doute possible, la motivation intrinsèque fait vraiment la différence).

 Après cette deuxième année, l’étudiante décide d’intégrer une école d’ingénieur. Elle choisit de faire une formation à l’INSA (Institut National des Sciences Appliquées). Malheureusement, elle manque la date limite d’envoi du dossier.

« Au final, je ne le regrette pas du tout, parce que la formation que j’ai faite même si je n’avais pas programmé de la faire et bien c’était exactement ce qu’il me fallait »

Cette formation qui lui va comme un gant est le cursus technologie de l’information pour la santé. Elle est proposée par l’école Polytech Grenoble qu’elle intègre avec de très bons résultats aux épreuves du concours. La boucle est bouclée entre le domaine informatique et un secteur qu’elle affectionne. Cette formation est porteuse et il y a des besoins donc les diplômés trouvent rapidement un emploi. Pour Samah, l’entrée dans la vie active est plus complexe. En effet, elle doit composer avec ses principes. Ces derniers peuvent être en contradiction avec le monde du travail. Je comprends que la recherche d’emploi a été une période d’affirmation. Finalement, la conclusion s’est imposée d’elle-même, la jeune femme reste authentique et une forme de sélection naturelle s’opère. Elle travaille avec les personnes qui partage ses principes.

La machine est lancée. En juin 2014, après moult péripéties, Samah intègre le Commissariat à l’Energie Atomique et aux Energies Alternatives (CEA). Un contrat prévu pour 18 mois qui deviendra plutôt 3 ans (le maximum pour une mission). Intégrée à l’équipe multimédia avec une partie image et une partie texte, Samah apprend et grandit énormément. Poussée par des projets qui la dynamisent et des collègues experts dans leur domaine qui croient en son potentiel. Un environnement propice à son évolution. Après cela, elle rejoint la start-up Stryng messaging et ensuite le programme d’Entrepreneur d’Intérêt Général.

Que vois-tu à l’horizon ? A la fin de son contrat, Samah sait que de nombreuses opportunités devraient se présenter. Et attirée par la liberté et l’autonomie de choisir ses projets, elle se voit aussi se lancer dans une aventure freelance. Affaire à suivre !

En tout cas, ce fût un plaisir Samah. Bravo pour ton parcours ! Je te souhaite bonne route et te laisse « les mots » de la fin.

« On ne m’a pas vraiment poussé à faire des études d’ingénieurs et finalement, voilà où j’en suis. »

 

NB : Pour son Passion board en illustration du portrait, Samah a choisi de positionner les badges des différentes conférences auxquelles elle a participée et quelques éléments sur ses voyages.

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